Le pacte présidentiel de la confiance retrouvée : l'exégèse (6)
6- Réformer l'Etat : un euro dépensé doit être un euro utile. Une décentralisation aboutie. Des services publics de qualité présents sur tout le territoire et accessibles par Internet. La généralisation des logiciels libres dans l'administration.
Sixième et dernier point de son programme pour une relance économique : la fameuse régionalisation. Dans cette proposition, SR veut réformer l'Etat en imposant une plus forte décentralisant. La France est traditionnellement un pays centralisé depuis la Révolution Française et la victoire des Jacobins sur les Montagnards. En effet, les Jacobins avaient pour objectif d'assurer une égalité parfaite entre tous les citoyens français. Or, seul un Etat avec tous les pouvoirs pouvaient, leurs yeux, en être capable.
La première tentative "récente" de décentralisation est celle du dernier référendum du Président De Gaulle et qui fut refusé par le Peuple Français Souverain. La deuxième tentative est celle du Président Tonton en 1981 qui établit les collectivités locales, communes, départements et régions. Ensuite, la dernière réforme notable a été celle du gouvernement actuel qui a transferé de nombreuses compétences aux collectivités locales.
Je ne le cache pas, je suis jacobin car, pour moi, l'égalité sur l'ensemble du territoire est primordiale. Or, on se rend compte que la décentralisation est cause d'inégalité. Quand on se remarque qu'en Île-de-France, cohabitent le département le plus riche de France, les Hauts-de-Seine et l'un des plus pauvres, la Seine-Saint-Denis, on peut se poser la question de l'efficacité de la décentralisation. Toutefois, il existe deux type de décentralisation : la décentralisation de décision et celle de compétence. La décentralisation de compétence est le transfert d'une mission de service public, que se soit l'organisation et le financement de celui-ci. Cette décentralisation crée donc un service public très différend entre les collectivités, selon leur moyen. Un fond de péréquation a été créé pour limiter la disparité de budget. Or, depuis 1981, on n'en voit pas beaucoup les effets. La décentralisation de décision est plus intéressante car elle ne transmet que l'organisation du service public par les collectivités locales. Ce qui a un double avantage : assurer l'égalité entre les collectivités locales, l'argent est donné par l'Etat en fonction des besoins et d'avoir une meilleure dépense de l'argent public, les collectivités locales étant plus proches des citoyens, elles peuvent mieux en déterminer les besoins.
La raison que SR pour régionaliser l'Etat est une mauvaise dépense de l'argent public par l'Etat. Elle se propose que les collectivités locales, plus sérieuses, assurent plus de services publics. Or, et c'est le comble, les collectivités locales sont considérées commes les plus mauvaises gérantes de l'argent public, très souvent montrées du doigt par la Cour des Comptes. C'est en fait, très logique. Comment contrôler autant d'organes de décision ? Au moins avec l'Etat, c'est un peu plus facile.
Le plus décevant dans cette mesure, c'est qu'elle ne règle pas un problème de taille : la multiplicité des échelons. En effet, en France, il existe trois échelons : la commune, le département et la région. A cela, il faut rajouter les regroupements de communes, les agglomérations... Bref, un vrai cass-tête. Déjà, certains Etats Européens ont commencé cette vraie réforme. Ce que je propose est simple. Une collectivité locale est créée dans le but d'assurer un service public. Or, souvent des communes sont incapables de s'occuper seuls de ces services. Elles se regroupent en communauté, ce qui a pour effet d'enlever tous leurs pouvoirs de décisions. Ce sont les présidents de ses agglomérations qui décident réellement. Donc, il suffira de supprimer l'échelon des communes pour celui des agglomérations, ainsi que le département qui a souvent les mêmes compétences de la régions. CEla ne fera pas disparaître totalement les départements car dans de nombreux cas, les départements jouent le rôle des agglomérations.
Deux mini-mesures du programme : internet pour tous et l'installation des logiciels libres dans l'administration. Pour internet, c'est déjà relativement fait par le gouvernement actuel. Pour les logiciels libres, ça risque de poser pas mal de problème d'investissement et aussi de formations, soit de nouveaux coûts. Toutefois, ce sera un bonne investissement car le coût des logiciels payants est prohibitif.