Je suis maintenant un "précaire".
Le précaire, c'est le type que tu peux engueler pour rien. Comme ça. Dès le matin. Sans vraiment de raison.
Extrait :
Vendredi matin, 9h :
Après mettre enfilé un rer et un métro pendant une heure (je suis très endurant), j'arrive à la "Vague", monte les étages et arrive, content et heureux, à mon "bureau". En fait de bureau, il s'agit
plus d'un openspace à moitié fermé. C'est original !
Bref, un mot sur mon plan de travail : "Canard, vener me voir dès que vous arrivez, signé la Cheftaine".
Là, je me dis : "Cool ! Elle s'est souvenue qu'il faut qu'on fasse un point ensemble sur mon taff!^^". En allant vers son bureau (un vrai, celui-là, qui se ferme et tout et tout), je la vois qui
papote avec ses "copines" (ça fait beaucoup de guillemets pour un post). Elle me sort avec un sourire : "Bonjour ! Je passerai tout à l'heure te voir !".
Rentrant chez moi, je me prépare en récapitulant mentalement tous les dossiers en cours jusqu'à ce qu'elle arrive.
Première phrase : "Canard, je vais devoir t'engueuler."
Tout ça avec une voix pas trop méchante. Je me prépare aux habituels : "Tu travailles trop vite" et "Tu devrais travailler en prenant TOUT ton temps".
Et bah nan, ça a commencé avec : "Hier soir, je cherchais un papier et je ne l'ai pas trouvé car ton bureau était très mal rangé."
Dans ma tête, je me disais : "Ah bah quel papier urgent pour des dossiers à la con de sociétés qui n'ont pas d'activité ?"
"Oui ! parce que bon, là, quand tu pars, tu dois tout ranger !"
Je réponds à tout ça par des oui, ok, d'accord, je le ferai.
Voyant que je ne me justifiais pas, je pensais qu'elle allait en rester là.
Mais nan, voyons ! Vous avez oublié ! JE SUIS PRECAIRE !
"AH ! MAIS ! ET C'EST QUOI CES DOSSIERS LA ! FAUT FERMER A CLEF TES ARMOIRES !"
Quand je suis arrivé, c'était déjà comme ça. Y a une armoire cassée qui ferme plus et personne ne m'a rien demandé en trois semaines.
"REGARDE TA COLLEGUE !
Tiens? c'est une collègue ? ELLE, ELLE FERME SON ARMOIRE ! ET REGARDE SON BUREAU ! ELLE, elle...
Le bureau de ma collègue est un énorme foutoire, pire que le mien.
"VI, bah, euh, c'est pas une raison de faire pareil ! Parce que, euh, Y EN A VRAIMENT MARRE !"
Voilou comment bien commencer une super journée. Sachant quand plus, comme je suis précaire, on doit aller propager la bonne nouvelle dans tout le service, en insistant bien sur le "cette fois, y
en a vraiment marre".
Vive l'esprit d'entreprise ! ^^
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